Présentation


Jérôme Trudelle, Exposition Ephemeroptera, mai 2019, © Louise Leblanc
Jérôme Trudelle, Exposition Ephemeroptera, mai 2019, © Louise Leblanc
Jérôme Trudelle est un artiste travaillant et vivant au Québec. En 2017, il est diplômé de l'Université Laval en complétant un baccalauréat en arts visuels et médiatiques profil entrepreneurial. En mars 2018, il a participé à la résidence d’art « Casa Na Ilha », dans le comté de Sao Paulo, au Brésil, afin de peaufiner sa technique de création sculpturale. Il est le plus jeune artiste et le premier artiste de la relève à avoir exposé à la Salle Jean-Paul Lemieux de la bibliothèque Étienne-Parent, à Beauport, où il a présenté sa première exposition individuelle intitulée Aux fils du temps du 22 avril au 27 mai 2018. Il est représenté par la Galerie Ni Vu Ni Cornu à Sainte-Anne de Beaupré depuis 2017 et fait partie du conseil d’administration du Regroupement des Intervenants Culturels de la Côte-de-Beaupré (RICCB) depuis 2018. Impliqué tant au niveau communautaire que culturel, il est le lauréat de sept bourses d’excellence Desjardins, de deux bourses Hydro-Québec et d’une Médaille du Lieutenant-gouverneur. En automne 2018, il a entamé une maitrise en arts visuels avec mémoire à l’Université Laval, à Québec. 

Démarche artistique


Jérôme Trudelle, Exposition Aux fils du temps, avril-mai 2018, © Sarah-Élaine Trudelle
Jérôme Trudelle, Exposition Aux fils du temps, avril-mai 2018, © Sarah-Élaine Trudelle

           Intéressé par la sensation de mouvement et le caractère narratif qui découlent de l’accumulation d’éléments dans l’espace, Jérôme Trudelle explore le concept de chronosculpture en s’interrogeant sur les notions de dynamisme, de transition et de séquences. S’inspirant de la chronophotographie, procédé qui consiste à décomposer chronologiquement les phases d’un mouvement par la capture de plusieurs images qui se succèdent, Jérôme questionne la manière dont nous appréhendons le mouvement, la durée et le rythme dans un contexte d’immobilité. Sa recherche l’amène à redécouvrir/réinterpréter une manifestation dynamique, voire une explosion, un écroulement ou une envolée, en évoquant une transition chronologique et en exploitant la répétition d'objets. Son processus de création s'entame généralement par la captation et l'observation de mouvements à partir de sources photographiques et vidéos. Le résultat sculptural se distanciera cependant de la source étudiée par la distorsion et l’éclatement du mouvement simulé, ouvrant de nouvelles possibilités d’appréhension et de perception de celui-ci.  

 

Cette approche réflexive est interreliée à une technique d’accrochage lui permettant de sculpter directement dans l'espace plutôt que dans la matière. Le déploiement spatial de ses oeuvres se fait d’une manière intuitive qui est propre à son processus de création et toujours dans l’intention d’éclater le mouvement. Chacun des éléments de ses sculptures est suspendu à l'aide d'un fil de coton bien visible, créant par accumulation une aura dense et lumineuse au-dessus de ses œuvres. À défaut de les dissimuler, les fils qui permettent la suspension font partie intégrante de ses sculptures afin d'ajouter un rythme qui accentue la simulation de mouvement. L'illusion de flottement dans l'espace, voire d'arrêt du temps, qui découle de la technique de suspension est une particularité importante de l'esthétique des œuvres de Jérôme Trudelle: elle permet de conférer aux sculptures un aspect sublime et une théâtralité de composition qui est fondamentale dans son langage artistique.